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Imprimer responsable : arrête de te faire vendre une bonne conscience


Les labels, c’est bien. Savoir poser les bonnes questions, c’est mieux.


Tu veux imprimer responsable. Bonne décision. Alors tu cherches un imprimeur avec un joli logo FSC ou PEFC sur son site, tu coches la case « éco-responsable » et tu passes à autre chose.

Le problème ? Cette case ne veut pas dire grand-chose.

On va te dire ce que personne dans le secteur ne dit vraiment : les labels, c’est une première étape, pas une garantie. Et l’impact environnemental réel de tes impressions, ça se joue ailleurs.

Voilà où ça se joue vraiment.



Les labels : utiles, mais pas suffisants


Le FSC et le PEFC sont les deux grandes certifications forestières du secteur de l’impression. L’idée de départ est bonne : encourager une gestion durable des forêts. Sur le papier, c’est vertueux.

Dans la réalité, ces labels ont fait l’objet de nombreuses critiques. Des ONG comme Greenpeace ou les Amis de la Terre ont pointé du doigt des attributions de certification pour le moins surprenantes, des entreprises aux pratiques désastreuses ayant obtenu leur label sans difficulté. L’émission Cash Investigation est même parvenue à faire labellisé un parking de supermarché.

Quant à Imprim’Vert, la démarche a le mérite d’exister et de sensibiliser le secteur. Mais elle reste une introduction à la gestion environnementale, pas un engagement profond.

Est-ce que ça veut dire qu’il faut ignorer ces labels ? Non. Mais les prendre comme seul critère de choix, c’est se voiler la face.



Le vrai enjeu : connaître son marché papier


L’impact environnemental d’une impression commence bien avant d’appuyer sur « lancer la production ». Il commence au moment du choix du papier. Et là, tout dépend de l’expertise de ton imprimeur.

Un imprimeur qui connaît vraiment son marché papier est capable de répondre à trois questions que personne ne pose — et qui changent pourtant tout.


1. Où est fabriqué ce papier ?

Un papier fabriqué en Scandinavie ou en Europe de l’Ouest bénéficie d’une supply chain courte, de réglementations environnementales strictes, et d’un mix énergétique bien plus propre qu’en Asie.

Un papier produit à l’autre bout du monde avec des standards environnementaux inexistants, acheminé par cargo sur 10 000 kilomètres ? Le logo « recyclé » dessus ne suffit pas à effacer l’empreinte. À titre indicatif, la production et le transport d’un kilo de papier génèrent entre 1 et 7 kg de CO₂ selon son origine et la distance parcourue — un écart de 1 à 7, rien que sur ce facteur. (Source : lesvoixdelavenir.fr)

La question à poser : « D’où vient ce papier ? ». Si la réponse est vague ou inexistante, tu as ta réponse.


2. Comment ce papier recyclé a-t-il été blanchi ?

C’est la question que personne ne pose — et pourtant, c’est là que ça se joue vraiment. Il existe trois niveaux de blanchiment :

•        Le blanchiment au chlore élémentaire : le plus polluant, génère des dioxines et des composés organochlorés toxiques rejetés dans l’eau. À éviter absolument.

•        L’ECF (Elemental Chlorine Free) : utilise du dioxyde de chlore. C’est le standard le plus répandu aujourd’hui — 84 % de la production mondiale (Source : cprac.org). Son impact est nettement inférieur au chlore élémentaire, même si les experts restent divisés sur le niveau résiduel de dioxines produit.

•        Le TCF (Totally Chlorine Free) : aucun dérivé chloré, blanchiment à l’oxygène, au peroxyde ou à l’ozone. Zéro rejet de dioxines. Le plus vertueux — mais seulement 5,5 % de la production mondiale. (Source : cprac.org)

Pose la question à ton imprimeur. Si la réponse est « je ne sais pas » ou « c’est du recyclé » sans plus de détail, creuse. C’est une information qu’il devrait avoir.


3. Comment le fabricant gère-t-il sa production ?


La fabrication du papier est une industrie très gourmande en eau et en énergie. Les chiffres parlent d’eux-mêmes :

•        Énergie : produire une tonne de papier vierge consomme jusqu’à 5 000 kWh, contre 2 500 kWh pour le papier recyclé — soit deux fois moins. (Source : consoglobe.com)

•        Eau : la fabrication de papier recyclé nécessite 20 fois moins d’eau que le papier classique. (Source : consoglobe.com)

•        CO₂ : la production de papier recyclé émet deux fois moins de CO₂ que le papier vierge, réduisant les émissions de 390 000 tonnes par an en France — l’équivalent de 200 000 voitures. (Source : theliot.fr)

•        Gestion de l’eau en circuit fermé : les meilleures usines recyclent jusqu’à 95 % de l’eau utilisée dans leur process. D’autres la rejettent sans traitement. L’écart est énorme.

Ces écarts ne sont pas marginaux. Ils sont considérables. Et ils dépendent entièrement du fabricant — pas du label collé sur l’emballage.



Les bonnes questions pour éviter le gaspillage


Le meilleur papier du monde ne sert à rien si tu en commandes trois fois trop. Et le gaspillage, c’est un problème plus répandu qu’on ne le croit : selon une étude Lexmark/Ipsos, les impressions inutiles des entreprises françaises représentent à elles seules 1,2 million d’arbres abattus chaque année. (Source : planetoscope.com)

Les formes classiques de gaspillage :

•        Commander 5 000 exemplaires parce que ça revient moins cher à l’unité — et en jeter 3 500 un an plus tard

•        Choisir un grammage trop élevé pour un support à usage unique

•        Imprimer un contenu qui va se périmer en trois mois sur un support prévu pour durer

•        Ne pas anticiper les évolutions de son contenu et recommencer à zéro plutôt que de mettre à jour

Un bon imprimeur te pose ces questions avant de démarrer :

•        Tu en as vraiment besoin de combien ?

•        Ce contenu va évoluer dans les 6 prochains mois ?

•        L’usage prévu justifie-t-il ce type de papier ?

•        Tu as encore du stock de la commande précédente ?



Les encres : restons factuels


On entend souvent parler des encres végétales comme d’une solution universelle. Soyons précis : elles sont disponibles en impression offset, mais pas en impression numérique ni en grand format.

C’est une amélioration réelle pour les tirages offset élevés, moins de composés organiques volatils, meilleure recyclabilité du papier en fin de vie. Mais ce n’est pas une baguette magique. Demande ce qui est possible selon ta commande spécifique et pas ce qui figure dans une plaquette commerciale.



La conclusion sans détour


Imprimer responsable, ça ne se résume pas à choisir un imprimeur avec des labels sur son site. Ça commence par travailler avec quelqu’un qui connaît vraiment son marché papier, son origine, son process de blanchiment, les pratiques industrielles du fabricant et qui te pose les bonnes questions pour éviter de gaspiller.


Chez WLD, on ne va pas te promettre qu’on sauve la planète à chaque commande. Mais on va te poser les bonnes questions. Et parfois, te dire qu’imprimer moins ou différemment c’est la meilleure décision.



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